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Giovanni Guarino

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Giovanni Guarino8 Dicembre 202510 Dicembre 2025No Comment

11 ottobre 2025
Dire que pendant des années, j’étais persuadé qu’elle était la fille de Buster Keaton!
Pour ces erreurs tenaces et persistantes, Google est une véritable aubaine: il il facilite grandement la correction des biais cognitifs.
Je voyais une ressemblance entre le visage triste de Buster et le visage serein de Diane. Ils semblaient avoir la même taille et la même posture. Elle ressemblait à une version souriante et expressive de Buster Keaton, vêtue étrangement, avec ce drôle de chapeau («…ladidà…») du film de Woody Allen. Cela compensait un défaut: on n’avait jamais vu un sourire sur le visage du “père”! C’était le sourire qui avait toujours manqué au grand Buster Keaton, devenu une adorable petite personne: la petite amie idéale, un peu névrosée, à juste titre, et très intéressante.
En réalité elle s’appelait Hall. Il ne pouvait pas en être autrement.

Le nom Keaton (celui de sa mère) fut choisi par son agent car il existait déjà une actrice nommée Diane Hall.
J’imagine son agent lui dire: «Tu ne peux pas porter le même nom que l’autre! What’s your mummy’s name? Comment s’appelle ta mère?»; «Keaton? Perfect. So Giovanni will love you more. Comme ça Giovanni t’aimera encore plus.»
On sait que l’agent de Los Angeles savait que dans une ville près de Naples vivait un grand garçon, plus jeune que Diane, qui serait tombé amoureux d’elle et irait au cinéma pour la voir, pas seulement pour les blagues de Woody Allen ou le regard sombre de Michael Corleone (Al Pacino). Chacun a le droit de se sentir au centre du monde, tant qu’il ne fait de mal à personne (sauf s’il est président des États-Unis, car dans ce cas c’est très dangereux de se prendre pour le centre du monde).
Il aurait été facile de corriger ce préjugé, même avant Google, mais inconsciemment, je ne voulais pas vérifier: cela créait une perfection, cela réunissait deux personnes qui m’avaient touchée de deux manières différentes et pourtant similaires. Objectivement, elles se ressemblaient, elles avaient le même type de beauté, et cela me convenait.

Que l’Amérique était belle à cette époque! Un pays regorgeant d’actrices, d’acteurs et de réalisateurs que nous adorions. Elle était belle malgré le Vietnam, la mafia, la violence, la névrose. Elle était belle comme l’Italie du boom économique décrite dans la “Commedia all’italiana”,:malgré l’émigration et ses valises en carton, la spéculation immobilière, les sombres complots, la mafia. Elle était belle comme le Naples de Raffaele Viviani, d’Eduardo De Filippo, de Totò, des drames, malgré la pauvreté et les féminicides sublimés.
Le cinéma, le théâtre, la littérature nous aident à nous sentir mieux.

Diane Keaton nous a quittés.
Qu’elle repose en paix. Il me semble qu’elle a toujours été en paix, depuis son apparition sur grand écran.

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